Petites nouvelles d’hier

Petites nouvelles d’il y a… quelques années !

Nouvelles lues dans l’Aix-Presse n°95,  mai 1986

A la rubrique “N”en croyez… miette” voici ce qu’on pouvait lire , il y a… 35 ans

” Saint- Romain pour la première fois cette année, va participer au concours des villages fleuris. Depuis longtemps déjà, spontanément ses habitants , non seulement ceux du bourg mais aussi dans les hameaux, avaient de leur mieux fleuri leur devant de porte. Plus encore, la commune avait disposé des bacs à fleurs et c’était un plaisir avec les beaux jours d’y voir éclore des couleurs chatoyantes et gaies. Mais 1986 a fait franchir le pas de la participation au concours. Celle-ci suppose non seulement le fleurissement du village, mais encore un règlement dont le jury le moment venu viendra contrôler s’il a été respecté.

L’article 1 du règlement impose que le fleurissement soit effectué à l’aide de fleurs naturelles. Par conséquent, les petits malins qui pensaient s’éviter les corvées d’arrosage en piquant dans quelques pots, deux ou trois fleurs en plastique devant leur maison en seront pour leur frais…

L’article 2 précise que s’agissant de plantes naturelles, les orties, ronces (même en pleine floraison), les fleurs de pissenlits, mauves, digitales, bourraches et autres fleurs sauvages ne sont pas admises à concourir.

L’article 3 précise que seules les fleurs poussant naturellement sous nos latitudes et nos climats peuvent participer. Inutile donc de chercher à se distinguer en plantant devant chez soi un cactus géant, une bougainvillée ou des eldelweiss. par mesure de sécurité, les plantes carnivores sont interdites, comme il n’est pas autorisé non plus d’utiliser des plantes géantes ou envahissantes pouvant perturber la circulation automobile. Le règlement précise enfin que l’aspect général du village doit être préservé, c’est pourquoi l’idée la plus originale d’un conseiller imaginatif n’a pu être retenue : elle consistait à transformer les rues de St-Romain en canaux (comme à Venise) dans lesquels on aurait pu semer de magnifiques nénuphares. Dommage ! Le projet était ambitieux quoique assez difficilement réalisable…

(Signé BATIFOL, la rubrique témoigne d’une époque pleine d’humour)

Nouvelles lues dans l’Aix-Presse n°10, avril 1976

“Quelle surprise quand ce matin 24 avril tout était enseveli sous une épaisse couche de neige. Quelle déception quand on ne peut passer dans les chemins creux où le vent a poussé la neige en congères. Surtout quand il faut descendre faire l’Aix-Presse et que le chasse-neige n’est pas pressé de passer. Rendons lui toujours cette justice que, avec le vent qui soufflait fort et le neige qui persistait à tomber, son passage aurait tout-à-fait été inutile.”

(sous la plume de Dominique Cazorla demeurant alors aux Barges, comme quoi au siècle dernier, on pouvait avoir neige en avril… )

 

Nouvelles lues dans l’Aix-Presse n° 4,  octobre 1975

« Les campagnes se dépeuplent », c’est devenu un refrain très répandu. Il évoque pourtant un problème qui nous touche particulièrement. En effet, au dernier recensement cette année, le canton de St-Just-en-Chevalet a perdu environ 11% de sa population depuis 1968. C’est la perte la plus importante du département de la Loire.

Qu’en est-il pour nos trois communes : Juré, St-Romain et St-Marcel ? Nous avons réuni et posé la question aux trois maires MM. Travard, Gardette et Chabré  :

Juré : 272 habitants (contre 361 en 1968)

St-Romain : 382 habitants (contre 461 en 1968)

St-Marcel : 310 habitants (contre 336 en 1968)

La perte de population est importante et s’est aggravée au cours des dernières années. A part St-Marcel, la baisse est supérieure à la moyenne du canton. La situation est inquiétante et directement liée aux problèmes que rencontrent les zones de montagne.

Sont évoquées les causes (diminution de la population agricole, attrait de la ville, niveau de vie, salaires, etc…) et surtout les conséquences  :

Sur le plan budgétaire : cette baisse entraîne une baisse des ressources communales, la charge par habitant augmente, les services (chemins, téléphone, voirie) restant les mêmes.

Sur le plan économique et humain : on note une baisse de l’enthousiasme, de l’esprit d’initiative, une certaine détérioration du climat social. Les commerces ferment ou sont moins actifs , les services disparaissent (bureau de poste, fermeture de classes).

Sur le plan culturel : la dispersion des jeunes rend plus difficile les regroupements, les activités d’animation.

Ce mouvement semble être une évolution normale due aux transformations récentes de la société économique, agricole et industrielle, mais dit un maire « c’est allé trop loin ».

Les solutions évoquées ensuite (créations d’ateliers, développement du tourisme) semblent peu sûres, seule reste l’agriculture :

L’essentiel est de sauvegarder l’agriculture qui maintiendra une population permanente, conservatrice de la nature.Il faut donc créer un nouvel esprit afin de valoriser le métier de paysan, d’améliorer les conditions de travail : remembrement à l’amiable, regroupement pour les travaux et l’achat de matériel,services de remplacement, préservation de la terre…

On peut ajouter l’intervention extérieure : l’Etat, conscient de cette situation critique , tente d’apporter une aide financière pour l’installation des jeunes agriculteurs en zone de montagne.

En résumé, si une grande partie de l’amélioration dépend des pouvoirs publics, nous ne devrons pas négliger les moyens qui sont à notre portée. Les ruraux sont presque obligés de prendre leur propre avenir en main.”

(Propos recueillis lors d’une réunion par D. Cazorla, P. Savatier et P. Barthollet et publiés dans l’Aix-Presse d’octobre 1975).