Hommage à Yvonne Arthaud épouse Georges

Yvonne a laissé une empreinte forte au village de ST Romain, ses enfants ont écrit ce texte dont nous conservons sa période romanaise. St Romain qu’elle n’a jamais oublié en se mariant à La Prugne. Merci à eux de rappeler son souvenir à ceux qui l’ont connue et aimée . A ses enfants, à Ginette nous présentons nos sincères condoléances.

« maman travail, maman amitiés, maman dévouement, maman courage, maman amour,

Maman travail commence son apprentissage dès son plus jeune âge.

Entre les travaux des champs, le travail à la ferme où entre barattage du beurre, fabrication des fromages, tes mains se souviennent encore du froid glacial de l’eau de la fontaine de St Romain, cette chère fontaine que tu aimas tant et dont tu as regretté la destruction.

Mais maman travail tu l’étais aussi à l’école où tu as tant apprécié les institutrices qui t’ont donné le gout du savoir ; tu étais fière de l’excellence de ton classement au certificat d’études. Tu aurais tellement aimé devenir infirmière mais les finances de tes parents ne l’ont pas permis !

Maman travail, tu l’as aussi été aux cours d’arts ménagers que ta tatan Claudia t’offrait. C’est là que ce sont construites les bases de ton excellence en cuisine (quel souvenir ta tarte à la bouillie, ta tarte aux myrtilles, ta crème anglaise, ton super gâteau de foie, ton civet de lapin et le fameux poulet purée du dimanche qu’on dégustait en revenant de la messe ) .

C’est aussi là que tu as appris tous les secrets de la couture (je me souviens encore de nombreux vêtements que tu nous avais confectionnés quand nous étions petits, des rideaux qui ont ornés ou ornent encore les fenêtres de la maison). Tu maitrisais parfaitement l’art de la broderie et du tricot. Tu étais devenue une experte dans la fabrication des grenades qui te procurait ton salaire de jeune fille ; combien de tes napperons trônent encore sur les meubles de la maison , combien de kilomètres de laine ont défilé à travers tes mains agiles pour se transformer en pulls, gilets et vestes aux motifs toujours plus travaillés .

Maman travail, tu l’a été dans ta vie de femme.

Dès ton arrivée au Vernois, vous avez décidé de remodeler la maison de nos grands parents.

Pendant un an avec Papa, vous avez arpenté nos prés pour ramasser des pierres avec vos deux vaches attelées au tombereau. Combien de fois ne nous as-tu pas rappelé que tu connaissais chaque pierre de notre maison ; tu les as lavées une par une dans un baquet. Plusieurs mois de construction qui n’auraient pas été possible sans la solidarité des voisins (la Marie et le Robert, la Jeanne et le Jean-Marie) pour vous héberger.

Ensuite se sont succédés les travaux des champs avec tous les travaux de la ferme et de la maison ,rythmant ainsi tes journées de 6h du matin jusqu’à tard le soir.

Et puis il y avait dans tout ça nous quatre, tes enfants à nourrir, laver, habiller, éduquer, câliner et surtout nous donner de l’amour !

Notre maman amitiés a découvert l’amitié dès la petite enfance.

Aux beaux jours le soir, les nichées de gamins se rassemblaient sur le mur de la mairie alors que les habitants mangeaient la soupe assis sur les bancs devant leurs portes. Plusieurs fois tu nous a raconté les chapardes de fraises dans le jardin du facteur qui pestait contre ces ch’tites saloperies de gamins, comme le rappelle ta sœur Ginette qui aurait tant aimé avec nous en ce moment.

Puis il y a eu la chorale qui vous rassemblaient tous les week-end, et là encore tu excellais tant que le curé Monat se plaignait de la perte de son meilleur élément à ton mariage.

Tu parlais aussi avec enthousiasme des séances théatrales auxquelles tu participais avec assiduité.

Et puis il y a eu ta « toute une bande de copines » comme tu disais et vous vous retrouviez dans les prés de la Pra ou à la Roche.

Après ton mariage avec Papa, les amitiés durables se sont échelonnées et la porte est toujours restée ouverte aux « rentrez boire un coup », aux « restez manger avec nous » et aux « venez passer quelques jours à la maison »

Maman dévouement, d’où t’est venu cet altruisme ?

Sans aucun doute tu l’as appris auprès de ta si chère Tatan Claudia qui aurait donné tout ce qu’elle avait et qui t’a montré l’exemple du partage et du don.

Maman courage a dû apprendre tôt.

Tu as dû aider ta mère et travailler dur alors que ton père était prisonnier.

La mort de ta première fille Michelle à l’âge de 8 mois a été la première épreuve de ta vie.

Puis le décès accidentel de ton frère adoré Pierrot à 26 ans.

Puis la terrible épreuve de la disparition tragique de notre sœur Isabelle qui a constitué un bouleversement terrible dans notre famille ; tu as dû tant te battre pour ramener le goût de la vie à Papa.

Puis le décès de l’amour de ta vie, que tu aspires depuis 9 ans à retrouver.